La dépendance affective : une prison de l’ego.

Qu’est-ce que la dépendance affective ?

 

J’aimerais préciser un point : tout le monde a besoin d’affection ou d’attention extérieur.

Mais il est important de distinguer les raisons pour lesquelles nous recherchons cette affection.

En effet une personne heureuse dans sa vie recherchera cette affection, non pas pour avoir de l’amour en retour, ni par désir de possession, qui nous « comble ». Mais bel et bien pour le partage, et l’authenticité, en attirant l’amour sincère.

Par peur viscérale d’être seul, un dépendant recherchera affection et attention afin de combler le manque d’amour qu’il ne se donne pas. C’est la porte ouverte à l’oubli de soi et de ses désirs propres. La façon dont se manifeste la dépendance affective dans la relation diffère selon les genres. En effet, si chez la femme cela se manifeste par un désir de fusion et d’admiration, l’homme aura tendance à être une béquille émotionnelle et voudra très vite se rendre indispensable par ses attentions, afin d’attirer l’amour de l’autre.

 

Il n’y a donc rien de spontané, découlant d’un naturel profond.

L’amour est un état d’être, il doit pouvoir se manifester sans désir de retour.

Ainsi si je m’aime, je dois pouvoir aimer dans la gratuité, sans attendre d’affection puisque je m’en donne suffisamment.

Donner de l’amour, c’est vouloir donner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas.

Jacques Lacan

L’amour et la loyauté peuvent naître spontanément.

 

« Je ne changerais pas, je ne sais pas qui je suis ».

 

Cette phrase résume à elle seule ce que peut être la dépendance affective. Comme une drogue, elle détermine l’affection que l’on ne se donne pas à soi, la cherchant dans le paradis artificiel de l’autre. La personne s’enferme dans la chambre capitonnée du confort sentimental, car le/la dépendant/e affectif n’a pas su s’affranchir de l’amour des autres pour savoir qui il est.

Ainsi, quand il/elle n’arrive pas à gérer sa solitude pour s’habiter et s’aimer, il/elle a besoin de son shoot d’attention extérieur.

Par conséquent, sa dépendance peut être comblée par la famille (les parents), les relations amicales, amoureuses, ou sexuelle.

 

 

« Seule, le/la dépéndant/e affectif/ve peut écumer son répertoire pour savoir qui peut être présent pour lui/elle à l’instant »

Dans une relation il/elle n’arrive pas à être lui/elle-même et s’oublie très souvent pour plaire à l’autre. Si la personne qui partage sa vie est plus indépendante, automatiquement elle suppose qu’il/elle n’est pas aimé autant en retour.

Il/elle ne répond donc pas à sa peur de perdre, son insécurité émotionnelle.

En général la personne dépendante affectivement peut enchaîner les relations amoureuses sans véritable temps mort, affirmant, forçant  son désir d’exister à tout prix.

Pour sa survie. Quitte à noyer les autres. Ses valeurs de respect peuvent prendre la porte. L’affection perdue d’une personne est irrémédiablement effacée par l’affection d’une autre personne.

« Je veux être aimé par tout le monde, mais le monde doit aller dans mon sens ».

Signé : un bisounours, mais je ne sais plus lequel !

La personne en déficit d’affection multipliera les relations en vrac comme au magasin sans aller en profondeur, car ce qu’il lui importe seulement c’est l’élan amoureux. Elle ne pourra pas exprimer ses besoins profonds.

On pourrait interpréter ça comme de l’ouverture d’esprit mais il n’en est rien.

Car sa vision n’est pas : « je suis curieux de toi » mais plutôt « regarde-moi je suis là ».

Une personne qui ne s’est pas réellement ouverte à soi ne peut s’ouvrir aux autres, vous la croiserez en soirée, vous pouvez la côtoyer régulièrement « ah oui !! il/elle est  trop sympa »mais son entourage ne le/la connait pas réellement.

 

Les causes de la dépendance affective.

La figure maternelle :

Lors de la naissance, l’état psychologique de la figure maternelle est important. Si la grossesse s’est vécue dans le manque d’amour, de soutien, ou d’affection, lorsque la naissance survient, cette frustration, cette énergie, est alors déléguée sur l’enfant. Ainsi il apprend « l’amour » dans le soutien de l’autre, mais aussi avec cette énergie de manque qui ne lui appartient pas. Le parfait modèle de nos relations futures se met en place, c’est-à-dire, celui du sauveur initié par le manque affectif qu’aurait pu ressentir la figure dans le passé. Nous apprenons donc à aimer pour combler le vide émotionnelle de l’autre et nous apprenons à exister et combler les besoins que la figure maternelle n’arrive pas à se donner.

Nous sommes le sauveur, eh oui, des héros des temps modernes en sommes. Et nous voici élevé au rang de princesses et princes ou chaque besoin émotionnel, et financier sera comblé jusque tard dans la vie. Donc l’enfant n’apprend pas à avoir les outils pour subvenir à ses besoins plus tard afin de se réaliser et s’épanouir. Et pourra transférer son besoin de sécurité sur ses relations futures. Il ne sera jamais réellement indépendant, financièrement, émotionnellement, si elle n’accepte pas sa condition, permettant de couper des énergies qui la nourrissent.

 

La figure Paternelle :

Elle est liée à la blessure d’abandon, vécu avec la figure du sexe opposé, donc le père pour les femmes. Si la une personne n’a pas ressenti d’amour de sa figure paternelle. L’enfant a ressenti une absence affective et/ou physique. Il ressentira le besoin impérieux d’attirer l’attention, de se valoriser aux yeux de cette figure. Alors la petite fifille modèle naîtra naturellement dans l’oublie de soi pour plaire. Et les relations futures naîtront de ces besoins.

Pour l’homme, s’il a été perçu pendant l’enfance un manque d’affection ou un déséquilibre d’attention de la mère, les conséquences seront les mêmes que pour les femmes.

 

 

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Auteur : Nicolas Mascré, Naturopathe à Aix-en-Provence

Créateur de goodforlife.fr

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